Retour d’expérience : apprendre le japonais avec le CNED

Vous savez déjà que, depuis quelques mois, je me suis lancée dans l’apprentissage du japonais par correspondance, avec le CNED.

Maintenant que j’ai un peu avancé dans les leçons, je me suis dit que j’allais vous faire un petit retour d’expérience. De mon côté avant de m’inscrire j’ai vraiment galéré à trouver des infos sur le contenu des cours. Du coup je me suis lancée un peu à l’aveugle sur la seule base du descriptif du CNED, sans savoir si ça correspondait vraiment à mes besoins, et j’ai trouvé ça un peu dommage. Alors voilà, j’ai eu envie de faire l’article que j’aurais aimé trouver au moment de mes recherches, ça servira peut-être à d’autres !

Pourquoi passer par le CNED ?

Avant d’envisager cette option, j’avais commencé l’apprentissage du japonais en autonomie, à partir de sites internet spécialisés et avec quelques bouquins. Le problème, c’est qu’il y avait tellement de choses à apprendre que j’avais du mal à savoir par quel bout attaquer, d’autant que chaque méthode était différente. Certains sites disaient qu’il fallait absolument commencer par l’apprentissage des alphabets hiragana et katakana, d’autres au contraire étaient plus axés sur la grammaire, d’autres encore sur le vocabulaire… Bref, j’avais du mal à m’y retrouver et je m’éparpillais un peu dans tous les sens.

Ensuite, j’ai commencé à me renseigner sur les cours particuliers ou en petits groupes, dispensés par certains organismes de langue. Mais j’ai vite laissé tomber au vu des prix affolants (de l’ordre de 300 à 400 euros par trimestre !) Et puis d’un point de vue organisation c’était compliqué, il aurait fallu bloquer un soir toutes les semaines, sans compter le temps perdu dans les transports…

Et puis un jour, ma mère m’a donné l’idée de regarder les cours proposés par le CNED. J’ai trouvé ça plutôt bien fait, et le programme annoncé me semblait bien complet. Au menu : une méthode progressive, des exercices écrits (tout ce qu’il me manquait sur internet) ainsi qu’une part importante dédiée à l’oral. En plus, ça me permettait de travailler de chez moi, à mon rythme. Et surtout, j’ai bien aimé le principe des évaluations à renvoyer à la fin de chaque leçon. Je me suis dit que ça me donnerait un objectif et que ça m’aiderait à rester motivée. Et puis question prix c’était plutôt raisonnable : 209 euros tout compris, pour 8 mois de formation.

Comment ça marche ?

Pour le japonais, le CNED propose trois niveaux différents : débutant (module 1), débutant (module 2) et intermédiaire. Même si j’avais déjà quelques notions,  j’ai choisi le niveau débutant (module 1) pour être certaine de partir sur de bonnes bases.

L’inscription est assez simple si on la fait en ligne sur leur site. On peut aussi le faire par voie postale mais ça avait l’air plus compliqué, avec tout un dossier à remplir. Une fois l’inscription validée et le paiement effectué, on reçoit ses identifiants personnels qui permettent d’accéder à son compte CNED et aux ressources en ligne (comportant notamment un forum pour échanger avec les autres inscrits, un système de tutorat et un espace pour suivre ses évaluations) :

Une fois inscrit, on dispose de 8 mois pour terminer la formation, ce qui est à mon avis assez large. Le volume horaire de la formation est estimé à 60 heures, donc en travaillant 2 heures par semaine on doit pouvoir boucler le programme dans les temps.

On reçoit ensuite par la poste le matériel nécessaire à la formation. Dans mon cas, j’ai reçu :

  • un cahier de cours composé de 5 unités et d’exercices
  • un cahier d’autocorrection qui permet de vérifier qu’on a bien réussi les exercices
  • un cahier d’évaluation avec l’énoncé des 5 devoirs à renvoyer (3 évaluations écrites et 2 orales, une à la fin de chaque unité)
  • une planche d’étiquettes autocollantes à coller sur les devoirs que l’on renvoie
  • un CD de cours
  • un CD d’évaluation

Les évaluations peuvent être envoyées par la Poste ou sur internet, au choix. Pour ma part je préfère les envoyer par internet parce que le délai de correction est accéléré. Et puis c’est carrément plus simple, surtout pour les évaluations orales où il suffit de s’enregistrer en ligne (sinon il faut envoyer une clé USB par la Poste, paye ta galère !)

C’est bien beau tout ça, mais est-ce que c’est efficace ?

La réponse est OUI !

J’en suis à peu près à la moitié du cahier de cours, et je vois déjà les progrès que j’ai faits depuis le début. Surtout, je maîtrise enfin les deux systèmes d’alphabet hiragana et katakana, alors que jusqu’ici je n’avais pas réussi à les apprendre car j’étais à chaque fois découragée devant l’ampleur de la tâche. La première unité est entièrement dédiée à l’apprentissage et à l’écriture de ces alphabets. C’est plutôt bien fait. Pour chaque lettre il y a un modèle qu’il faut reproduire un certain nombre de fois, de plus en plus petit (un peu comme quand on apprend à écrire au CP, quoi !)

Alors c’est un peu fastidieux, je vous l’avoue, mais on ne peut de toute façon pas passer à l’unité suivante tant que ce n’est pas maîtrisé, vu que la suite du cours est essentiellement écrite en japonais. Alors en s’accrochant un peu et en se fixant un objectif d’une page (soit 5 caractères) tous les jours, ça avance plutôt vite ! Il y a 46 lettres à apprendre dans chaque alphabet, soit 92 lettres en tout.

Une fois cette unité terminée (ouf !) on peut passer aux choses sérieuses avec les bases de la langue (apprendre à saluer, à se présenter,  à demander des nouvelles de quelqu’un, etc…) Les cours sont bien faits, avec un dialogue oral au début de chaque unité, qui regroupe tous les points de grammaire et de vocabulaire qui seront ensuite développés dans la suite de l’unité. Du coup la première fois qu’on entend le dialogue on a l’impression de ne rien comprendre, et plus on avance dans l’unité, plus on comprend de choses. A la fin, on est même capable de rejouer le dialogue tout seul. Il y a aussi de petits exercices après chaque point de grammaire qui permettent de vérifier qu’on a bien assimilé, ce qui est plutôt sympa.

Enfin, on trouve dans chaque unité un point de culture japonaise (c’est un peu la récré car c’est écrit en français) ainsi qu’une dizaine de kanji (caratère chinois) à apprendre. Un Japonais qui termine ses études maîtrise plus de 2000 kanji, moi j’en connaîtrai 46 quand j’aurai fini ma formation… ce qui est à la fois ridicule et finalement pas si mal pour une Française ! XD

En conclusion je suis hyper contente d’avoir sauté le pas parce que cette formule me convient parfaitement. On travaille à son rythme tout en étant « cadré » par la progression du cours et le système d’évaluations, ce qui permet d’avancer objectif après objectif et donc de rester motivé ! Je trouve ça sympa comme petit projet.

Si jamais ça vous intéresse n’hésitez pas à aller jeter un oeil au site du CNED, la même formule est proposée pour plein d’autres langues ! De mon côté, une  fois le niveau débutant module 1 terminé, je pense enchaîner avec le module 2 😉

Le jour où j’ai décidé d’apprendre le japonais

Aujourd’hui, rien que pour vous, voici un petit article qui sent bon le thé vert et les fleurs de cerisier (clichés bonjouuuur !)

Source : Morguefile.com

Source : Morguefile.com

Le Japon est un pays qui m’a toujours à la fois fascinée et intriguée. Il faut dire que nombreuses sont les occasions de baigner dans la culture du pays du Soleil-Levant…

Déjà petite, mes parents me lisaient les aventures de la famille Souris, de jolies histoires magnifiquement illustrées par Kazuo Iwamura :

Le pique-nique de la famille Souris (Kazuo Iwamura) – Edition l’école des loisirs

Un peu plus tard, j’ai commencé à jouer avec les figurines Sylvanians, qui venaient du Japon mais qui ont eu un gros succès en Europe :

Sylvanians – Famille Lapin

Ensuite, j’ai découvert la BD Yoko Tsuno dont je suis devenue assez vite accro. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une BD signée Roger Leloup, scénariste et illustrateur belge. Il met en scène une héroïne japonaise dans des aventures qui mêlent la science-fiction et la culture traditionnelle japonaise notamment. Elle est jolie en kimono hein ? Ben profitez parce que c’est assez rare de la voir dans ce genre de tenues, en vrai on la voit plus souvent en scaphandre spatial… C’est une vraie guerrière !

Encore plus tard, j’ai commencé à regarder les films d’animation japonais, et en particulier ceux du studio Ghibli et d’Hayao Miyazaki… Révélation. Gros coup de foudre pour ces univers oniriques, ces créatures bizarres et ces personnages si attachants.

Encore un peu plus tard, j’ai dévoré tous les livres d’Amélie Nothomb, mes préférés étant ceux où elle parle de son enfance au Japon et son retour au pays quelques années plus tard (Métaphysique des tubes, Stupeur et Tremblements, Ni d’Eve ni d’Adam…) Je trouve que ses meilleurs livres sont ceux où elle parle d’elle-même et de son lien particulier avec le Japon. La culture japonaise vue à travers les yeux d’une occidentale est pleine d’anecdotes et de malentendus délicieux.

Amélie Nothomb – Ni d’Eve ni d’Adam

Et puis, j’ai rencontré mon Chéri. Chéri qui, je vous le donne en mille… est japonais ! A croire que toute ma vie j’ai été préparée pour le rencontrer (le destin, tout ça tout ça).

Alors certes, les choses sont bien faites… Reste que forcément, la belle-famille est également japonaise et que du coup, certaines conversations relèvent du défi. Même s’ils maîtrisent bien le français, certaines idées sont compliquées à exprimer pour eux, et ça dérape alors immanquablement vers le japonais. Au début, Chéri me rassurait en disant que si on regardait suffisamment de dramas et d’animés, j’allais apprendre la langue naturellement.

En vrai, je pense que c’était une astuce pour me faire regarder des dramas un peu bizarres, parce qu’après quatre ans, je ne parle toujours pas japonais. Alors certes, je comprends les expressions de base du genre « bonjour, merci, bon appétit, bonne nuit, pardon, attends, s’il-te-plaît » etc… J’ai appris à compter, le nom des couleurs et des parties du corps (hyper important dans la vie courante de savoir dire « coude », hein ?) mais… à mon grand désespoir, je suis toujours incapable de comprendre la plupart des conversations courantes.

Note : par contre je suis devenue une tueuse en gastronomie japonaise (merci belle-maman) qui, étonnamment, ne se résume pas aux sushi et aux maki (je sais, je brise un mythe).

Bref, tout ça pour dire que voilà, j’ai sauté le pas ! J’ai décidé d’apprendre le japonais pour de bon, en suivant de vrais cours, et je me suis inscrite au CNED. Niveau débutant hein, parce que quand même y’a sacrément de choses à (re)voir. Pour l’instant je galère grave mais bon, il paraît que c’est normal au début… Alors je m’accroche ! Je vous parlerai de tout ça un peu plus en détails dans un prochain article (c’est une sorte de thérapie en fait hein).

En parallèle, j’ai aussi commencé à lire pas mal de choses sur la culture japonaise, en prévision d’un futur voyage et aussi par curiosité, pour comprendre un peu mieux la manière de voir les choses quand on est Japonais… Parce qu’après tout, c’est la culture de mon Chéri et qu’il me semble important de la découvrir, non ?